Existe-t-il un lien entre le maïs violet et le cancer du colon ?

Question posée depuis Lima, Pérou.

Afin de répondre à cette question des plus intéressantes nous avons tapé «purple corn » (maïs violet)  dans PubMed et avons trouvé 75 articles répertoriés depuis 1976. Nous avons ensuite poursuivi notre recherche  avec  les composants actifs du maïs violet : “ Anthocyanine ” (2920 articles depuis 1920), “Anthocyanine + Cancer” (189 articles depuis 1962), “ Extraits riches en Anthocyanine ” (32 articles depuis 2001), et enfin “ Extraits riches en Anthocyanine + cancer colorectal” (8 articles depuis 2003).

Apparemment, cet étrange maïs péruvien portant le nom scientifique de Zea mays linee, suscite un intérêt grandissant depuis l’année 2000.

Hiromitsu Aoki et ses collègues y ont relevé jusqu’à 6 différents types d’anthocyanines (biomolécule qui lui donne sa couleur d’un violet sombre comme une aubergine).

L’anthocyanine que l’on retrouve en plus grande quantité est la cyanidine 3-OBD-glucoside, appelée C3G (70% de son grain).  Il a été démontré que les anthocyanines présentent de nombreuses activités biologiques telles que des effets antioxydant (1,2), antimutagène (1), et anti-cancérigène (3,4,5,6). Il a tout particulièrement été prouvé que le colorant du maïs violet réduisait  la formation de cancer du colon chez les rats (4).  Ainsi, les anthocyanines ont cessé d’être de simples colorants culinaires afin de jouer leur rôle dans l’alimentation thérapeutique.

Il existe également des rapports sur les effets des anthocyanines chez des rats atteints d’hypertension et des souris obèses – hyperglycémiques, ainsi que des comptes-rendusd’autres auteurs ayant testé la toxicité orale du maïs violet chez les rats (7).

En résumé, le maïs violet est l’un des produits cultivés possédant la plus forte concentration d’anthocyanines, tout particulièrement la cyanidine 3-OBD-glucoside qui inhibe la prolifération de cellules tumorales.

REFERENCES:

  1. J Agric Food Chem. 2006 Jun 28;54(13):4557-67. Antimutagenic and antioxidant properties of phenolic fractions from Andean purple corn (Zea mays L.).
  2. J Agric Food Chem. 2003 May 21;51(11):3313-9. Stoichiometric and kinetic studies of phenolic antioxidants from Andean purple corn and red-fleshed sweetpotato.
  3. Cancer Sci. 2008 Sep;99(9):1841-6. Epub 2008 Jul 4. Purple corn color suppresses Ras protein level and inhibits 7,12-dimethylbenz[a]anthracene-induced mammary carcinogenesis in the rat.
  4. Cancer Lett. 2001 Sep 28;171(1):17-25. Pronounced inhibition by a natural anthocyanin, purple corn color, of 2-amino-1-methyl-6-phenylimidazo[4,5-b]pyridine (PhIP)-associated colorectal carcinogenesis in male F344 rats pretreated with 1,2-dimethylhydrazine.
  5. J Agric Food Chem. 2008 Oct 22;56(20):9391-8. Epub 2008 Sep 19. Structure-function relationships of anthocyanins from various anthocyanin-rich extracts on the inhibition of colon cancer cell growth.
  6. J Food Sci. 2008 Sep;73(7):C561-8. Epub 2008 Jul 24. Antioxidant effects of flavonoids used as food additives (purple corn color, enzymatically modified isoquercitrin, and isoquercitrin) on liver carcinogenesis in a rat medium-term bioassay.
  7. Food Chem Toxicol. 2008 Feb;46(2):774-80. Epub 2007 Oct 10. A 90-day oral toxicity study of purple corn color, a natural food colorant, in F344 rats.

Q: Que savez-vous sur les cancers GI pendant la grossesse?

Question de Paris, France

Souffrir d’un cancer lors d’une grossesse est heureusement un évènement très rare. On estime actuellement que cela concerne 1 grossesse sur 1000. En tous les cas, le simple fait d’être enceinte ne cause pas le cancer, et les femmes portant un enfant ne sont pas plus susceptibles d’en avoir un que les autres femmes. Néanmoins, le cancer reste la seconde cause de décès chez la femme en âge de procréer.

Etant donné que l’âge est le facteur de risque le plus significatif, les médecins s’attendent à ce que le taux de cancer pendant la grossesse

augmente à mesure que les femmes souhaitent être plus âgées pour avoir des enfants. De ce fait, cette situation est plus fréquente dans les pays développés.

Les cancers qui ont tendance à survenir au cours d’une grossesse sont ceux que l’on retrouve généralement chez les jeunes, tels que le cancer du col utérin, le cancer du sein, le lymphome Hodgkinien, le mélanome malin et le cancer de la thyroïde.

Cancer Gastro-intestinal (CGI)

Comme les tumeurs de l’appareil digestif touchent généralement des personnes de plus de 50ans la coexistence d’un CGI et d’une grossesse est une situation assez rare. Toutefois, les types de CGI que l’on retrouve chez les jeunes présentent des formes plus agressives en comparaison de ceux qui surviennent à un âge plus avancé et cela entraine de pires pronostiques.
De plus, il faut savoir que la grossesse affecte la présentation clinique, l’évaluation, le traitement, et le pronostic vital des patientes avec un CGI.

Cancer colorectal (CCR)


Parmi les CGI, le CCR est le plus fréquent au cours de la grossesse. 80 % d’entre eux sont localisés dans le rectum, où selon la taille et la localisation de la tumeur, l’échographie transvaginale pourrait être d’une grande aide en vérifiant les autres structures pelviennes en plus de celles visées lors des contrôles prénataux. Le CCR engendre généralement les signes et symptômes suivants: saignement rectal, diarrhée ou constipation, anémie, crampes abdominales, nausée et perte de poids (malheureusement très semblables aux manifestations somatiques d’une grossesse).

Le fait de recourir à la chirurgie (radicale avec/sans hystérectomie), à la chimiothérapie ou à la radiothérapie devra être choisi au cas par cas selon la semaine de gestation, la taille et l’invasion de la tumeur, ainsi que la présence ou non de métastases (autrement dit, l’espérance de vie de la mère contre celle du fœtus). Il faudra néanmoins pratiquer une opération d’urgence quelque soit le stade de gestation dans le cas de saignement abondant, de perforation ou d’obstruction.

Cancer Gastrique (CG)

Jusqu’en 2006, seuls 131 cas de CG ont été reportés chez des femmes enceintes, et une fois encore leurs grossesses masqua la présentation clinique (satiété rapide, nausée/vomissement, anémie, perte de poids)  occasionnant un diagnostique tardif
Elles furent diagnostiquées après leur 30ème semaine de grossesse, 97% des cas étant des cancers avancés de type agressif montrant une propagation de métastases (malheureusement, le taux de survie allant jusqu’à 3 ans a été d’environ 8%).

Autres organes

Seuls 40 cas de cancer du foie et 4 du pancréas ont été reportés chez des femmes enceintes. Comme mentionné précédemment, le diagnostique, le stade, le terme ou le prolongement de la grossesse ainsi que le choix d’un traitement chirurgical ou médical devra être déterminé individuellement.

Résumé

Un cancer diagnostiqué durant la grossesse est un évènement dramatique ayant un profond impact sur les vies de la patiente, du nouveau né, des familles et du médecin traitant. Le dilemme de continuer la grossesse jusqu’à la naissance d’un fœtus viable peut s’avérer compliqué lorsque des facteurs médicaux, sociaux, personnels, moraux aussi bien que religieux interagissent pour définir le chemin à suivre.

Cependant, le pronostique des patientes ne devrait pas être remis en cause et, lorsqu’il est approprié de continuer la grossesse, la santé du fœtus pourra être préservée. Le développement de nouvelles compétences, technologies, communication et les témoignages scientifiques nous montrerons comment traiter les femmes enceintes atteintes d’un cancer de manière plus sûre et efficace.